Les trois lois du numérique

Cette vidéo du Xerfi ne sera qu’un rappel pour les plus affûtés d’entre vous mais elle a le mérite en trois minutes d’exposer ce qui sous-tend la puissance de l’économie numérique et qui transforme notre quotidien. Ces trois lois empiriques sont les lois de More, de Metcalfe et de Reed.

On pourrait penser à écouter cet exposé (mais ce n’est pas son propos) qu’un nouveau monde et une nouvelle structure de pouvoirs sont en train de remplacer l’ancien monde (modes de vie, cultures, relations professionnelles, sociales et interpersonnelles, vie intime) et les pouvoirs plus « traditionnels » (états démocratiques ou non et organisations criminelles).

Oublions le long terme, il est hors de portée et donc imprévisible.

Ce que nous voyons se dessiner aujourd’hui, ce n’est pas le remplacement de l’un par l’autre mais une cohabitation et une appropriation réciproque des deux.

Nous aurons probablement non pas l’un à la place de l’autre mais le meilleur et le pire des deux selon un ordonnancement qui se fait sous nos yeux.

En attendant, voici la vidéo. Bonne écoute !

http://www.xerfi-precepta-strategiques-tv.com/emission/Philippe-Gattet-PGA-Comprendre-les-trois-lois-fondamentales-de-l-economie-numerique-6304_3744854.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC170717

 

 

Que devient

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Internet, démocratie et souveraineté

Je vous propose un lien vers une interview, publiée sur le blog d’Olivier Berruyer, de Lawrence Lessing, professeur de droit et ex-candidat à la présidentielle américaine où il expose l’impact d’Internet sur le fonctionnement des sociétés et de la démocratie. On y entendra parler de l’Islande en bien une fois de plus.

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Projet de loi relatif au renseignement

Le texte du projet de loi est disponible sur le site Legifrance :

http://www.legifrance.gouv.fr/Droit-francais/Actualite/Projet-de-loi-relatif-au-renseignement-PRMX1504410L-19-03-2015-pjl

Pour ceux qui avaient compris que ce projet de loi concernait exclusivement le terrorisme, voici la liste des domaines concernés (je ne sais pas pourquoi le point 3 est en italique sur le site de Legifrance) :

« Art. L. 811-3.– Les services spécialisés de renseignement peuvent, dans l’exercice de leurs missions, être autorisés à recourir aux techniques prévues au titre V du présent livre pour le recueil des renseignements relatifs aux intérêts publics suivants :

« 1° La sécurité nationale ;

« 2° Les intérêts essentiels de la politique étrangère et l’exécution des engagements européens et internationaux de la France ;

« 3° Les intérêts économiques et scientifiques essentiels de la France ;

« 4° La prévention du terrorisme ;

« 5° La prévention de la reconstitution ou du maintien de groupement dissous en application de l’article L. 212-1 ;

« 6° La prévention de la criminalité et de la délinquance organisées ;

« 7° La prévention des violences collectives de nature à porter gravement atteinte à la paix publique.

À propos du projet de loi sur le renseignement

Céline nous signale une interview parue dans La Tribune. Cette interview de Geoffroy de Lagasnerie, philosophe et sociologue, aborde le sujet du projet de loi sur le renseignement présenté par le gouvernement Valls. Pour Lagasnerie, ce projet de loi est inefficace comme l’a montré l’exemple américain et éthiquement indéfendable car il remet en cause les avancées libérales de ces dernières décennies.

Au delà de ce sujet capital, l’interview permet à Lagasnerie de développer son approche critique de l’état et même de l’état-nation. De manière surprenante, il s’appuie sur un cours de Michel Foucault pour formuler une critique non conservatrice du néolibéralisme. Il en défend notamment les apports libertariens tout en reconnaissant ses insuffisances, voire ses impensés comme son impasse sur le Pouvoir.

Il analyse au travers des lanceurs d’alerte une nouvelle approche échappant au cadre habituel du débat démocratique qui exige une visibilité de la part du citoyen critique. En effet, le lanceur d’alerte cherche l’anonymat, cherchant à échapper au risque quelquefois exorbitant qu’il encourt. Le lanceur d’alerte s’inscrit également dans le cadre d’Internet qui dénationalise l’individu démocratique et plus largement la vie sociale.

Cette pensée originale me semble féconde pour notre réflexion sur le chaînon manquant entre la souveraineté du peuple et la souveraineté de l’esprit, entre république et anarchie. Il y aura, pour sûr, débat et pas qu’un peu !

En attendant, je vous laisse découvrir cette interview.

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-projet-de-loi-sur-le-renseignement-est-ethiquement-indefendable-et-strategiquement-inefficace-466354.html