Syrie : frappes à dingues (Jacques Sapir)

Après nous avoir bombardé de propagande de guerre, ils l’ont fait, ces dingues.

Peut-on m’expliquer le coup d’après ?  La logique d’ensemble ?

Qui prétendra maintenant qu’on souhaite participer à la reconstruction de la Syrie ? Parce qu’il va falloir expliquer le chemin qu’on imagine emprunter. Moi, je ne l’ai pas compris.

En attendant d’en savoir plus, je vous propose cet article de Jacques Sapir écrit avant les événements de cette nuit.

Bonne lecture !

https://www.les-crises.fr/russeurope-en-exil-syrie-frappes-a-dingues-par-jacques-sapir/

 

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Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie (Caroline Galacteros)

L’heure est grave et le temps presse. Ce qui est dit et envisagé dépassent l’entendement.

Je vous propose ce lien vers un article  de Mme Galactéros publié dans le Figaro.

Espérons que les esprits se reprennent. Dans tous les cas, cet article fera date.

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2018/04/10/31002-20180410ARTFIG00277-pourquoi-la-france-ne-doit-pas-s-associer-aux-frappes-en-syrie.php?redirect_premium

 

La France au Kurdistan syrien

La géographie est ingrate pour les kurdes, l’histoire et ses jeux de dupes l’avaient déjà confirmé.

Le conflit syrien est complexe et loin d’être terminé. Alors que continuent les combats de l’armée syrienne et de ses alliés contre les poches de rébellion, la Turquie prend pied dans la partie occidentale du Kurdistan syrien qui, lui, est soutenu et armé par les pays occidentaux. Dans ce contexte de désordre au sein de l’OTAN, la France est présente dans ce même Kurdistan syrien comme potentiel négociateur. Non loin des troupes américaines présentes aussi comme obstacle entre l’Iran et la Méditerranée. Je ne serais pas étonné que, dans le même temps, la Syrie veuille faire prévaloir sa souveraineté sur ces territoires. Il semble qu’une fois de plus le Kurdistan soit un enjeu qui dépasse les kurdes, triste géographie…

Voici un article sur cette présence française en Syrie dont la raison officielle est la lutte contre DAECH. À suivre…

https://www.bruxelles2.eu/2018/03/30/des-renforts-francais-au-nord-de-la-syrie-dans-la-zone-kurde/

 

France

La rafle du Vel’ d’Hiv’ fut une opération odieuse, criminelle et irréparable, perpétuée par des français exécutant des ordres donnés par des autorités françaises. De plus, bien que la motivation première fut de répondre à l’injonction des forces d’occupation allemandes, cette opération permit à d’autres français de s’approprier des biens appartenant aux familles « raflées ».

Tout cela est odieux, connu et incontestable et on peut consulter des témoignages et des travaux d’historiens pour avoir l’éclairage objectif nécessaire sur ce qui s’est passé.

Cependant, l’affirmation du président de la République, dans son discours à l’occasion de cette célébration, de la responsabilité de la France concernant cet événement inqualifiable, m’a laissé perplexe.

Les mots ont un sens et il convient de le respecter, certains mots en ont plusieurs, d’autres enfin ne se laissent pas enfermer.

Quand on parle de la France ici, de quoi parle-t-on ? Sûrement pas de ses vins et de ses fromages, de ses paysages ou de ses écrivains.

Ici, on parle de son gouvernement. On parle de politique et de responsabilité collective.

Or de quel gouvernement parle-t-on ? D’un gouvernement porté par une classe dirigeante égoïste, défaitiste et cagoularde, issu des pleins pouvoirs accordés sans fondement constitutionnel et collaborant avec les forces d’occupation.

En juillet 2017, nous avons célébré, à juste titre, le 75ème anniversaire de la rafle du Vel’ d’Hiv’.

En juin 2017, nous aurions pu célébrer le 75ème anniversaire de la bataille de Bir Hakeim où se sont illustrées les Forces Françaises Libres aux ordres du gouvernement de la France Libre dirigé à Londres par le général de Gaulle.

Quel était le gouvernement légitime de la France ? Celui qui s’est soumis bien volontiers à l’injonction de l’occupant allemand de lui livrer des Juifs ou celui qui le combattait les armes à la main ?

Quand on parle de responsabilité, on parle de libre arbitre.

Quand on parle de la France, de quoi parle-t-on ?

Quand des français ont choisi délibérément de se battre les armes à la main au péril de leur vie, quel sens pouvait bien avoir pour eux le mot France ?

Je pense, et ce n’est pas qu’affectif et irrationnel, qu’on choisit délibérément le sens du mot France.

Pour l’illustrer, je vous propose de terminer ce post avec le premier paragraphe des Mémoires de Guerre du général de Gaulle.

Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a, en moi, d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai, d’instinct, l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ; que, seules, de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même; que notre pays, tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans la grandeur.