Guerre civile ?

Il y a quelques mois, je me faisais l’écho des propos du patron de la DGSI, Patrick Calvar, sur les risques de réaction violente de la part de mouvements ou d’individus de la droite radicale identitaire si un ou deux attentats de plus devaient survenir.

C’était en mai 2016 et nous étions inquiets des menaces qui pesaient sur l’Euro 2016 de football. Depuis, il y a eu deux attentats et rien ne s’est produit en retour. Preuve sans doute que les services de l’État ont bien fait leur job.

Je vous propose un article tiré du blog du Monde « Droites Extrêmes » réfutant la thèse d’un risque de guerre civile en France qui serait la réplique de la guerre d’Algérie.

http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2017/01/18/la-nouvelle-guerre-dalgerie-naura-pas-lieu-reponse-au-spectre-de-la-guerre-civile/

Une autre radicalité

Un récent article du Figaro a repris les propos du patron de la DGSI sur les risques de guerre civile si un nouvel attentat islamiste devait se produire. Ces propos ont été tenus en mai dernier lors d’une audition devant la commission de la défense de l’Assemblée Nationale. Ils visent clairement les groupes de l’ultra-droite, peu nombreux, mais armés et probablement capables de susciter un acte isolé de type « loup solitaire ».

Le retentissement d’un tel acte, s’il devait se produire, serait bien entendu amplifié s’il survenait à la suite d’un acte djihadiste. Une tolérance si ce n’est une sourde approbation de cette violence serait le pire qui puisse nous arriver.

Je vous propose un article de l’express sur ces groupes d’ultra-droite.

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/attentats-la-peur-de-la-replique-de-l-ultra-droite_1795663.html

 

Le problème du pouvoir constituant

Dans le dernier chapitre de son livre « bureaucratie », David Graeber nous livre une analyse passionnante des superhéros des comic books et des scenarios de films de ce genre. Cette analyse est l’occasion de poser plaisamment quelques questions fondamentales sur les pouvoirs, leur légitimité et leur articulation avec la violence physique et institutionnelle. Ce sujet est totalement en phase avec la vocation initiale de ce blog. Lire la suite

L’extrême droite

Rien ne me semble plus étranger à la souveraineté du peuple que l’histoire de l’extrême droite.

La nation est la construction politique d’un corps social qu’on appelle le peuple et qui se définit sans référence exclusive à une origine, une religion ou une appartenance ethnique mais à une communauté de destin sur un territoire donné selon la tradition républicaine.

Le peuple souverain ne se reconnait donc pas dans l’obsession ethnique ou religieuse, le culte de la force brutale et le culte du chef infaillible sans se renier.

Les différentes expériences d’extrême droite me semblent toujours procéder de la même manière.

D’abord la démonstration qu’on n’a pas froid aux yeux puis la récupération des frustrations du peuple. Les gens entendent des mots qui leur parlent de situations qu’ils vivent. Ils se sentent compris par des personnes qui ne faibliront pas. Et, ce qui est vital, il y a un obstacle à abattre pour rétablir une situation acceptable. Donc de l’espoir.

Le peuple est mis en marche. Il ne sait pas encore qu’il est déjà trahi.

Au bout du compte, c’est pour un pouvoir qui n’est pas le sien qu’il se sera mis en mouvement et pour une conception de la nation qui n’est pas la sienne. Quand il comprend, il est trop tard. Et ce pouvoir n’hésitera pas, si les circonstances le permettent, à collaborer avec d’autres pouvoirs plus anciens. Ces pouvoirs plus anciens se résolvant à voir d’un bon oeil un pouvoir fort qui les aidera à persister dans leur être.

Quand j’étais enfant, il n’y avait plus d’extrême droite en France. Seule subsistait de l’entre deux guerres une tradition littéraire valorisant le dépassement de soi à laquelle j’étais sensible.

L’extrême droite a réémergé au début des années 1980 dans une version intégriste, xénophobe et antisémite.

Pourquoi a-t-elle muté dans une version dite populiste, attirant les votes des classes populaires ? Pourquoi son succès?

C’est d’abord cette question qu’il faut se poser aujourd’hui.

On parle de rapprochement entre la gauche radicale et l’extrême droite. Je pense que c’est faux et fallacieux. Les mots peuvent être les mêmes, pas la finalité politique.

Mon sentiment est que si Syriza échoue en Grèce, un boulevard s’ouvrira pour l’extrême droite dans toute l’Europe.

Quelles sont les intentions des institutions européennes ? Et de la classe politique en France ?

La souveraineté vue de gauche

Frédéric Lordon est économiste chercheur au CNRS mais également philosophe spécialiste de Spinoza.

Contributeur au Monde Diplomatique, certains de ses textes sont publiés sur son blog « La pompe à phynance ».

Je vous renvoie vers son texte de référence sur la souveraineté.

http://blog.mondediplo.net/2013-07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas