Pire que les fake news

Pire que les fake news ? Les interdire !

Je soumets à votre réflexion cette interview d’Emmanuel Todd publiée sur le blog d’Olivier Berruyer.

Bonne lecture !

https://www.les-crises.fr/emmanuel-todd-la-menace-ce-nest-pas-les-fake-news-cest-lautoritarisme-de-letat/

 

Brexit : interview d’Emmanuel Todd

Il nous fallait l’éclairage d’un anglophile comme Emmanuel Todd pour mieux appréhender la portée du Brexit et le situer dans son contexte anthropologique, historique et géopolitique.

Le voici dans une interview accordée à Atlantico.

http://www.atlantico.fr/decryptage/emmanuel-todd-etape-numero-4-apres-reveil-allemagne-russie-et-royaume-uni-doit-etre-reveil-france-suivre-anglais-est-conforme-2753532.html

 

Todd : l’interview complète

L’interview complète vaut le détour. La crise des migrants, l’Allemagne, l’immigration, la France, ses élites et ses classes moyennes. À lire si vous avez le moral bien accroché.

Emmanuel Todd : “La France n’est plus dans l’histoire”

Qui est Charlie ? d’Emmanuel Todd

C’est la polémique du moment mais le livre est brillant (je suis en train de le lire).

Il donne un cadre général d’explication des événements récents et de la vie politique française.

Pour avoir un aperçu du thème du livre et la force de la polémique, le lien vers l’interview d’Emmanuel Todd par Bourdin sur RTL.

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/emmanuel-todd-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-521094.html

 

L’aveuglement est naturel

Dans un billet précédent, je vous ai parlé du livre d’Emmanuel Todd, « l’illusion économique », livre disponible en format de poche chez Folio, que je vous conseille chaudement.

Dans sa conclusion, Emmanuel Todd s’interroge sur l’aveuglement des élites des pays occidentaux. Cet aveuglement portant en Europe notamment sur les effets du libre échange et de la monnaie unique.

Inutile de jouer les cacous, l’aveuglement est une des choses du monde les mieux partagées.

Elle se niche au coeur de la nature humaine.

Voilà l’analyse qu’il en fait :

« Nous devons d’abord, pour comprendre, nous débarrasser d’une habitude mentale : l’idée a priori que l’aveuglement est absurde, antinaturel, exceptionnel. Toute explication doit au contraire partir de l’hypothèse inverse que rien n’est plus facile et nécessaire à l’homme que l’aveuglement. En économie et en politique autant qu’en amour. J’ai défini, au chapitre II, l’homme par sa curiosité intellectuelle, qui le pousse et explique le progrès des connaissances. Un tel postulat permet de comprendre la marche en avant de l’humanité, la hausse du taux d’alphabétisation, le développement de l’éducation secondaire et supérieur. L’homme est donc un animal qui veut savoir. Mais il est aussi, en une ambivalence fondamentale qui ne peut être résolue, l’animal qui ne veut pas savoir, qui, pour vivre paisiblement son existence terrestre, doit oublier l’essentiel : l’inéluctabilité de sa propre mort. Il est à chaque instant capable de nier la réalité, de se mentir à lui-même, pour « fonctionner » de façon satisfaisante. C’est pourquoi, l’inconscient, ainsi que l’a souligné Freud, ignore sa propre mort. Un homme efficace est psychologiquement et biologiquement construit pour, la plupart du temps, ne pas penser à l’essentiel, sa disparition. Il serait donc tout à fait absurde de considérer le fait même de l’aveuglement comme extraordinaire, invraisemblable, stupéfiant. Nous devons au contraire admettre l’existence, au coeur de l’être humain, d’un programme de négation de la réalité, capable de générer l’illusion nécessaire à la vie. Détourné de sa fin première, ce programme si utile autorise d’autres négations de la réalité. Toute situation perçue comme trop complexe, trop pénible, trop menaçante, est contournée, évacuée, niée. La crise de civilisation que nous vivons est une situation de ce type, qui active puissamment, au coeur de l’élite occidentale, le programme biologique et intellectuel de négation de la réalité.  »

Monde complexe, pénible et menaçant, nous voilà !

« L’illusion économique » par Emmanuel Todd

En 1998, Emmanuel Todd publiait un livre intitulé « l’illusion économique » où il développait l’idée qu’on ne peut comprendre la crise du monde développé par la seule analyse économique mais qu’ « on doit distinguer trois niveaux, économique, culturel et anthropologique que l’on peut, par analogie avec les catégories psychologiques usuelles, identifier aux niveaux conscient, subconscient et inconscient de la vie des sociétés ».

Ce livre reste d’actualité. Il est publié en format de poche chez Folio.

Sur le déclin d’une croyance collective telle que la nation, voici ce qu’il écrit :

« L’individualisme absolu s’attaque à la nature humaine aussi sûrement que le totalitarisme. C’est pourquoi la négation des groupes et croyances collectives finit toujours par provoquer l’émergence de formes groupales inattendues et perverses. L’anti-nationisme actuel des élites françaises et anglo-saxonnes,  qui rejette une croyance collective achevée et apaisée, a tout naturellement mené, dans les années récentes, à la floraison de multiples croyances fixées sur des groupes moins vraisemblables et moins utiles que la nation : race, pseudo-religion, tribalisme, régionalisme, identités socioprofessionnelles hystérisées, appartenance à des groupes définis par une préférence sexuelle, sans oublier le nationalisme régressif lepéniste. Ces remontées primitives sont la contrepartie des anticroyances ultralibérales ou maastrichtiennes.

Notre an 2000 semble tiré d’un conte philosophique du XVIIIème siècle qui se serait donné comme sujet d’ironie le problème aussi insoluble qu’inexistant du rapport de l’individu au groupe.

Il est une double évidence anthropologique :

1) l’individu existe avec sa personnalité et ses désirs propres, ses qualités et ses défauts, sa capacité de calcul économique rationnel ;

2) le groupe existe, et, sans lui, l’individu n’est pas concevable, puisqu’il en tire sa langue, ses moeurs, et l’a priori, non vérifié mais nécessaire à la vie, que les choses ont un sens. »

Souveraineté et ordre démocratique (Jacques Sapir)

Cet article de Jacques Sapir dont vous avez le lien ci-dessous complète le précédent et rejoint à mon sens une tentative d’explication que proposait Emmanuel Todd dans une conférence récente qu’il a donné à Montluçon. Là où on constate des désordres incompréhensibles, on note un affaiblissement de l’Etat et de sa légitimité.

« L’ordre démocratique a besoin de souveraineté. Sans souveraineté, il ne peut exister. Mais la souveraineté, si elle est une condition nécessaire à l’existence de l’ordre démocratique n’est pas une condition suffisante. Cette souveraineté doit être celle du peuple. »

Pour nos prochains débats, la lecture du début du texte est indispensable.  On pourra faire l’impasse, dans un premier temps, sur la critique de Carl Schmitt et sur l’état d’exception.

Bonne lecture,

http://russeurope.hypotheses.org/3179