Castelnau, l’anti-Pétain

Dans cette polémique sur Pétain, a émergée la figure oubliée du général de Castelnau.

Qu’est-ce qu’un grand soldat ? Je trouve la question difficile et complexe.

Et tout ne se réduit au seul art militaire. En l’occurrence,  stratégie, clairvoyance et patriotisme sont autant de qualités à mettre dans la balance pour des personnalités de ce niveau.

Quant au pétainisme, ce n’est pas que la vie de Pétain, c’est aussi une disposition d’esprit des classes dirigeantes de cette période.

Voici le texte de l’arrière-petit fils du général de Castelnau, Régis de Castelnau . Vous en saurez un peu plus sur cet anti-Pétain de 1914 à 1940 et sur sa descendance.

Bonne lecture !

http://www.vududroit.com/2018/11/general-edouard-de-castelnau-anti-petain/

 

Un nouvel ordre politique ?

Je vous propose un texte exigeant qui ne se laisse pas appréhender en une seule lecture rapide.  Il pourra paraître confus et il l’est un peu. Il nécessite qu’on en comprenne bien la logique, la structure et les idées forces.

J’y ai retrouvé un peu des grandes lignes de ce que je cherche à cerner dans mon blog : les idéaux que représentent la souveraineté d’un peuple et la souveraineté de chacun d’entre nous, la difficile appréhension de la vérité, le respect comme fondement de la société ainsi que la compréhension de l’évolution actuelle du monde dans sa globalité.

Ce texte est signé par Alastair Crooke, ancien diplomate anglais (du MI6 pour être plus précis et ce n’est pas un détail), paru sur un site en ligne (Strategic Culture) et traduit en français par l’équipe d’Olivier Berruyer.

Bon courage et bonne lecture !

https://www.les-crises.fr/les-bases-de-lere-a-venir-peuvent-deja-etre-discernees-par-alastair-crooke/

Pour ceux qui veulent lire le texte original en anglais :

https://www.strategic-culture.org/news/2018/09/26/pivots-coming-era-can-already-be-discerned.html

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la personnalité un brin sulfureuse d’Alastair Crooke, voici un article du Monde :

https://www.lemonde.fr/europe/article/2009/06/04/alastair-crooke-l-espion-qui-doutait_1202334_3214.html

 

Habiter le monde numérique (Dominique Boullier)

Le monde numérique est devenu notre présent qu’on le veuille ou non.

Même les mouvements les plus réactionnaires sont des adeptes des outils numériques et savent utiliser ses possibilités de violence et de manipulation.

La question n’est donc plus de nier ce présent mais de vivre avec. Ce qui ne veut pas dire abandonner les relations humaines, la présence physique de l’un à l’autre mais aussi l’héritage et la discipline du travail et de la pensée. Et la prière pour les croyants.

Nous vivons actuellement un temps de dialectique entre la spontanéité et la mise en forme de ce monde numérique. Et de construction du corpus juridique qui doit nous permettre d’y vivre.

Je vous propose une courte vidéo (environ 5mn) de Dominique Boullier, sociologue français, rédacteur en chef de la revue Cosmopolitiques, sur le thème « habiter le monde numérique ».

Bonne écoute,

 

Le credo de Kolakowski (rappel)

Il y a quelques années, je publiais ici-même un lien vers ce texte fameux de ce philosophe polonais génial, Leszek Kolakowski, texte paru dans la revue Commentaire à la fin des années 70. Je remercie par avance la revue Commentaire et les éditions Les Belles Lettres de leur indulgence à mon égard pour l’avoir reproduit ici.

Voici ce texte in extenso :

« Avancez vers l’arrière s’il vous plaît ! Telle est la traduction approximative d’une injonction que j’entendis un jour dans un tramway de Varsovie. Je propose d’en faire le mot d’ordre d’une puissante Internationale qui n’existera jamais.

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Le principe d’incertitude de Clément Rosset

Un dernier extrait de l’opuscule de Clément Rosset le principe de cruauté paru aux Éditions de Minuit et que je vous recommande chaudement.

Pour en revenir au fait que la vérité philosophique ne vaut que pour autant qu’elle est incertaine et ne possède en définitive d’autre vertu indiscutable que la vertu médicinale,  j’invoquerai brièvement le cas du matérialisme d’Épicure et de Lucrèce. Il va de soit en effet, et c’est en quoi la doctrine épicurienne est philosophiquement exemplaire, que ce matérialisme est à la fois intenable et salutaire : intenable quant à sa vérité propre, salutaire quant à la somme d’erreurs et d’absurdités qu’il révoque. Les deux maximes fondamentales de l’épicurisme peuvent apparaître à juste titre comme des pensées courtes et pauvres. Assimiler la vérité à l’existence matérielle, le bien à l’expérience du plaisir, revient certes à décevoir toute attente d’élucidation en profondeur et à s’en tenir, sur ces deux points, au plus minimaliste des discours. Mais on doit observer, d’un côté, que la tentative d’assimiler la vérité à autre chose que la matière, le bien à autre chose que le plaisir, aboutit généralement à des énoncés eux-mêmes beaucoup plus suspects et absurdes que les formulations épicuriennes. En tant que philosophie critique, le matérialisme constitue la pensée peut-être la plus élevée qui soit ; en tant que philosophe « vraie », il est en revanche la plus triviale des pensées. Comme le remarque Nietzschéen dans un passage de l’aphorisme 9 de Par-delà le bien et le Mal,  qui fait écho direct au propos de Montaigne cité plus haut, une philosophie cesse d’être crédible dès qu’elle commence à croire en elle-même. Ce qui fait la force de la philosophie épicurienne, comme d’ailleurs de toute grande philosophie, n’est pas d’accéder à une vérité profonde et certaine, mais, si je puis dire, de réussir à s’en tenir à la moindre des erreurs.

 

Jeter le doute sur ceux qui doutent

Étrange époque où l’hommage du vice à la vertu de l’esprit critique cherche à nous tromper comme il a toujours cherché à nous tromper, la puissance des médias et des réseaux sociaux en plus.

Je vous livre un lien vers une revue de presse de France Inter qui m’a laissé à ce point perplexe que je l’ai écoutée plusieurs fois. Elle dure 6 mn.

https://www.franceinter.fr/emissions/la-revue-de-presse/la-revue-de-presse-18-avril-2018

Je vous livre aussi le lien vers l’article du journaliste incriminé Robert Fisk traduit par l’équipe du blog Les Crises d’Olivier Berruyer afin que vous vous en fassiez un avis personnel.

https://www.les-crises.fr/en-quete-de-verite-dans-les-decombres-de-douma-et-les-doutes-dun-medecin-sur-lattaque-chimique-par-robert-fisk/

Cet exemple illustre la difficulté que je perçois croissante d’y voir clair sur bien des sujets.

Et ce pour des raisons intrinsèques à la complexité des choses et à la distance qui nous en sépare mais aussi par la confusion voulue ou pas sur ces sujets.

Et bien sûr que le doute est permis.

Mais nous sommes dans une mise en abyme et donc sans fin où nous finissons par douter d’avoir jamais un avis pertinent sur quoi que ce soit tandis que de modernes Tartuffe défilent pour nous dire le Bien et le Mal. Vous aviez cru être débarrassés de l’emprise de la morale sur la société ? Il faudra vous y faire ; toute société sécrète son contrôle social et trouvera sans problème un clergé pour l’assurer.

 

Clément Rosset (1939-2018)

Le philosophe Clément Rosset est mort le 27 mars dernier.

Voici un texte extrait de son petit ouvrage « le principe de cruauté ».

Si l’aptitude principale de la philosophie consiste plutôt à dénoncer des erreurs qu’à énoncer des vérités, il s’ensuit ce fait, d’allure paradoxale mais pourtant vrai, que la fonction majeure de la philosophie est moins d’apprendre que de désapprendre à penser. La bêtise fournit d’ailleurs une solide contre-épreuve de cet apparent paradoxe, puisque celle-ci ne consiste pas, contrairement à ce qu’on pense généralement et à tort, en une paresse d’esprit mais bien en une débauche désordonnée d’activité intellectuelle, dont témoigne par exemple Bouvard et Pécuchet, héros modernes et indiscutés de la sottise. L’intérêt porté aux « choses de l’intelligence », comme il est dit dans La Belle Hélène d’Offenbach,  est plus souvent la marque d’un esprit médiocre que celle d’un esprit avisé ; et c’est certainement à juste titre, et non par coquetterie, que le plus pénétrant des penseurs français, Montaigne, déclare avoir l’esprit lent.

Un autre extrait du même opuscule, cruellement réaliste :

La jouissance de nuire à ses proches, souvent ressentie comme prioritaire par rapport à celle de se faire plaisir à soi-même, procède peut-être de cette même idolâtrie de la certitude : du sentiment confus que l’autre éprouvera du déplaisir à coup sûr, alors qu’on n’est pas toujours certain du plaisir qu’on pourrait éprouver quant à soi.