Ce qui fonde l’action politique et la citoyenneté

En ces temps de désenchantement et de désengagement apparents  (car rien n’est moins sûr que l’indifférence), on est en droit de s’interroger sur ce qui fonde la citoyenneté et pour certains d’entre nous l’action politique.

Je vous propose en préambule un texte du philosophe Jean-Pierre Dupuy extrait de son livre « La marque du sacré ».

« Au problème politique en général -comment faire d’une diversité d’opinions et d’intérêts toujours potentiellement conflictuelle quelque chose qui ressemble à une unité pacifiée – la religion apportait une solution dont le propre était de faire appel à une extériorité fondatrice. L’ambition des « modernes » est d’en finir avec cette logique de l’extériorité et de faire reposer les principes, lois et normes qui règlent la vie de la Cité sur les seules ressources internes au monde humain et social. C’est un projet d’autonomie, au sens fort que ce mot a reçu en philosophie. Il s’agit de substituer la raison à la foi, l’immanence à la transcendance, l’autonomie à l’hétéronomie. Ce programme a-t-il été mené à bien et est-il même possible ?

Doit-on partager sur ce point le pessimisme de Tocqueville lorsqu’il écrivait : « Pour moi, je doute que l’homme puisse jamais supporter à la fois une complète indépendance religieuse et une entière liberté politique ; et je suis porté à croire que s’il n’a pas la foi, il faut qu’il serve, et, s’il est libre, qu’il croie » ?

J’entends défendre la thèse que la logique de l’extériorité est irréductible et que le hasard y joue un rôle majeur. »

Ce texte étrange et cette citation de Tocqueville extraite de « De la démocratie en Amérique » me font penser à cette idée tout aussi étrange que Robespierre avait eu, s’en inspirant de Rousseau, de fonder la République sur l’Être Suprême, estimant qu’il était nécessaire d’avoir une religon civile. Tout cela n’avait suscité que des moqueries en attendant l’échafaud quelques temps plus tard.

Mais en un sens, ce qui fonde la démocratie, c’est à dire la souveraineté populaire, c’est une extériorité fondatrice qu’on appelle le peuple (la nation), à la condition qu’on veuille bien s’y reconnaître. Et ce qui pourrait fonder l’action politique internationale que ne justifient que les intérêts vitaux de l’humanité, ce sont l’amour de la vie et la préservation de l’existence du genre humain. Ni raison, ni foi là-dedans. Ou peut-être la foi et la raison totalement en cohérence l’une avec l’autre.

À suivre.

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