Bosser !

Quand le découragement me guette, je me retourne. Fin 2008, quand la crise éclate à la surprise générale, je me retrouve, adulte d’âge mûr dans un monde que je ne comprends pas. Je m’aperçois que je n’ai jamais cherché à le comprendre vraiment et que mon immaturité me laisse en état de sidération face aux événements.

 

Ces événements ne m’ont pas touché directement. Je n’ai pas perdu mon emploi, je conserve mon niveau de vie, je suis endetté comme tout le monde mais rien ne me menace directement.

Se glisse tout de même une vague inquiétude et un sentiment d’ignorance crasse.

Je me plonge avidement dans la lecture d’articles, de livres et de blogs économiques. Je cherche à comprendre le vocabulaire et les mécanismes de l’économie et de la finance. Les mystères de la monnaie me fascinent. Je comprends les erreurs, les délits, les enchaînements. Je me dis que cet ensemble complexe de systèmes est en train de dérailler et qu’un effondement est possible. Il ne se passe rien. Les institutions financières que sont les banques centrales maintiennent l’ordre. Je comprends cependant qu’elles sauvent et asphyxient ce qu’elles sauvent avec la disparition des taux d’intérêts. L’attente se poursuit sans en savoir plus.

Le progrès technologique poursuit sa route passionnante, bousculant comme d’habitude l’organisation des choses. Le travail disparait ici pour se développer ailleurs plus chichement en quantité ou en salaire.

Les dérèglements écologiques se multiplient et confirment leur dangerosité mortelle.

Les conflits se multiplient. Il faut comprendre ce grand puzzle qu’est la géopolitique. Je lis des interprétations contradictoires reposant sur des informations complémentaires.

Je comprends tout de même qu’émerge un peu partout une volonté de souveraineté nationale à coup sûr, populaire quelquefois. Je découve à cette occasion la difficulté de faire vivre une véritable démocratie et que peu de monde perçoit ce que ce mot exige.

Je découvre la force des fondements de la philosophie politique qui nous fait vivre, le recul qu’elle nous donne et l’ignorance de ceux qui devrait s’en prévaloir.

Et je redécouvre la marque du sacré dans nos vies, avec ou sans religion.

Quant aux attentats islamistes dont la menace persiste, ils nous auront imposé de changer notre vision indolente de la vie.

Au bout du compte, épuisé par tant de sujets, accablé par l’impossibilité d’y comprendre quoi que ce soit, je me dis qu’il ne reste plus qu’une certitude : ne rien céder, continuer à bosser, bosser, bosser !

 

Un commentaire sur “Bosser !

  1. Mais que faire de ce savoir qui grandissant démontre que l’inimitable Gabin avait raison : on ne sait jamais ?
    Parfois, je trouve que l’autruche est l’animal le plus clairvoyant : à quoi bon savoir quand on ne parvient pas à agir ?

    J'aime

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