Menace et souveraineté

Jean-François Gayraud est un ancien commissaire divisionnaire spécialiste des mafias et de la géopolitique du crime.

 

Je vous avais parlé de certains de ses ouvrages (le monde des mafias, le nouveau capitalisme criminel).

Il vient de sortir un nouveau livre « l’art de la guerre financière ». Ce livre apporte un regard plus incisif sur des réalités que nous commençons à mieux connaître.

S’agissant de guerre, il se devait de commencer par la notion de menace et celle de souveraineté.

Je vous en livre un extrait.

« Le souverain s’affirme en désignant ce qui lui est profondément hostile et potentiellement mortel. Pour [Julien] Freund, il ne saurait y avoir de politique sans un ennemi actuel ou virtuel« . Le vassal oublie cet acte fondateur et c’est à cette soumission qu’il se reconnaît. L’ennemi est une catégorie indispensable à tout peuple qui se veut souverain. En un mot : libre. La caractérisation de l’ennemi est un acte sain et structurant car il permet de se poser en s’opposant réellement. Régis Debray ne s’y est pas trompé : « Une communauté de destin ne se forge qu’en trouvant un ennemi commun. […] Il est clair qu’un homme sans ennemis est un homme sans destin et qu’un pays qui refuse d’en avoir rejoint les bas-côtés de l’histoire. » Héraclite notait déjà que : « Polemos est le père de tous les êtres, il a fait les uns esclaves, les autres maîtres. » Les anciens Grecs savaient que l’on existait et que l’on se classait d’après ses ennemis. Nommer ce qui nous menace est l’acte premier, le plus difficile et le plus nécessaire. Ce nominalisme est le marqueur de la souveraineté. Cette étape franchie, le chemin vers la victoire s’éclaircit. »

 

Un commentaire sur “Menace et souveraineté

  1. Ma première réaction a été d’être effrayée en découvrant que ce qui pouvait être un constat historique est en fait une vérité philosophique. J’ai pensé à l’Ange et à la Bête. Puis je me suis demandé si en fait, dans notre façon d’agir, notamment dans les entreprises, l’analyse : Risques et Opportunité, étape incontournable de tous projets à l’étude, n’est pas dans la même logique. Quand on définit les risques, on identifie immanquablement ses ennemis, réels ou virtuels. Je me console en me disant que cet acte n’est pas l’unique acte fondateur d’un peuple…
    Autre question : qui est notre ennemi aujourd’hui ?

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s