Dilemmes monétaires

La monnaie est un objet difficile à saisir.

Objet fonctionnel, elle a tout d’une unité de mesure scientifique. Elle sert à évaluer, échanger et stocker (épargner). Qu’importe la monnaie, ces fonctions seront de toute façon assurées. Une monnaie unique et mondiale suffirait à assurer ces trois fonctions.

 

Objet institutionnel, elle est l’un des attributs de la souveraineté d’un État. Sa valeur repose sur la confiance qu’inspirent les institutions. Sa valeur est censée avoir un lien avec ce que vaut sa zone d’usage. Son unicité est donc inconcevable.

Objet politique, elle reflète le fonctionnement économique, fiscal, social, démographique  implicite ou explicite d’une société. Elle fait l’objet de positions inconciliables. Ces choix politiques peuvent provoquer une dérive inflationiste ou déflationniste.

Objet théorique, elle sera soit une richesse, soit une dette.

L’or est-il une monnaie ? Certains disent que c’est la seule monnaie qui vaille depuis l’origine des temps. Monnaie incorruptible au sens propre du terme. D’autres disent que c’est un frein à l’expansion économique.

La dette créée par les banques commerciales est-elle une monnaie ? Ne faut-il pas réserver cette prérogative aux banques centrales ? Le système bancaire est-il en ce domaine plus vertueux que les États impécunieux ?

Objet quasi anthropologique, la monnaie soulève les passions. Les allemands ont une vision très précise et très allemande de la gérer. Ce n’est pas sans contradiction dans une union monétaire comme l’euro. On trouvera ci-dessous un article de Romaric Godin de La Tribune traitant des plus récentes de ces contradictions.

http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/pourquoi-mario-draghi-doit-ignorer-les-critiques-allemandes-543174.html

Les manipulations monétaires, hantise des allemands, peuvent déboucher sur une hyperinflation comme dans l’Allemagne des années 1920. Un autre exemple emblématique est celle du Zimbabwe. L’irresponsabilité de ses dirigeants a ruiné le pays et anéanti sa monnaie. Au point que le Zimbabwe a fini par adopter le dollar US pour sortir de cette situation dramatique. Mais on constate maintenant les effets pervers de ce choix d’une monnaie étrangère. Ce sujet est développé dans l’article ci-dessous posté par Michel Santi,  sur son blog.

http://www.michelsanti.fr/?p=6490

À la lecture de cet article, on comprend toute la violence potentielle qu’il peut y avoir dans les choix monétaires d’un pays.

Faut-il piloter une monnaie ? Et être à la merci de gouvernements incompétents ou irresponsables. Ou s’en remettre à une monnaie non nationale ? Et ne plus rien maitriser du tout et être à la merci d’intérêts extérieurs au corps social.

Ce dilemme n’est pas près d’être clos.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s