Zola et la Commune de Paris

Notre ami Hervé Deguigne a présenté vendredi dernier dans un café rue de Montreuil son livre sur la rue des immeubles industriels, rue exemplaire du 11ème arrondissement de Paris bâtie à partir de 1873. Dans la discussion qui s’en est suivie,  a été lue par Hervé (D) une citation présente dans son livre, phrase étonnante de Zola :

«Le bain de sang que le peuple de Paris vient de prendre était peut-être une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et splendeur.»

L’engagement de Zola à l’égard de la classe ouvrière et de la justice obligent à comprendre cette position terrible.

On trouvera par le lien ci-dessous un dialogue fictif trouvé sur Internet où Zola se défend contre le mauvais procès qui lui sera fait par des auteurs de notre époque.

http://www.dialogus2.org/ZOL/lacommunedeparis.html

D’une manière générale, les écrivains contemporains de la Commune y ont été hostiles. Une émission de France Culture a été consacrée à ce constat.

http://www.franceculture.fr/2011-05-24-les-ecrivains-face-a-la-commune.html

Comme disait Hervé Deguigne, une histoire complète de la Commune reste probablement à écrire.

Cette histoire, dans tous  ses aspects, y compris les plus triviaux, est pour moi une source de réflexions sur la souveraineté populaire, sa nécessité et les difficultés à la mettre en œuvre.

 

2 commentaires sur “Zola et la Commune de Paris

  1. Henri Guillemin, grand admirateur de Zola, mais historien scrupuleux, écrit dans la préface à « La Débâcle » : “ Ce qui fait mal, plus que tout, dans “ La Débâcle ”, ce qui n’est pas digne de Zola, c’est le jugement qu’il porte sur Paris et l’image abjecte qu’il nous donne des origines de la Commune ” ; le peuple parisien y est dépeint sous les apparences d’une populace assoiffée de sang, abrutie par l’oisiveté et par l’alcool. Guillemin prononce une condamnation analogue dans sa notice de l’ “ Encyclopédie Universalis ” : “ Dans “La Débâcle ”, Zola avait avancé de tristes propos, mais utiles à sa carrière, sur la Semaine Sanglante où, à l’en croire, les égorgeurs versaillais avaient incarné “ la partie saine de la France coupant la partie gangrenée ”. Plus tard, l’appel poignant de Zola à la justice, dans son « J’accuse », incarnera peut-être une forme d’expiation, et la preuve d’une conversion sincère (car il faut un réel courage pour se dresser seul face à l’armée et à l’opinion publique), au socialisme républicain.

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  2. En outre, la terrible phrase formulée par Zola au sujet de la répression sanglante de l’insurrection communarde («Le bain de sang que le peuple de Paris vient de prendre était peut-être une horrible nécessité pour calmer certaines de ses fièvres. Vous le verrez maintenant grandir en sagesse et splendeur.») prouve simplement que les intellectuels nourrissaient encore, à cette époque, une vision « tragique » de l’Histoire ; vision qui s’est considérablement affadie, édulcorée ces dernières années, au point qu’on s’évertue à « euphémiser », ou à nier purement et simplement, toute trace de négativité dans le mouvement de l’histoire et les conflits qui le jalonne.

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